Bonjour, bienvenue chez moi, sur mon podcast " L'avis de Marie ". Aujourd'hui nous sommes le 26 novembre et nous allons faire un peu d'histoire et parler de ces soldats alsaciens forcés d'entrer dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, ceux qu'on appelait les " Malgré Nous ". Ensuite puisque c'est de saison, nous allons nous chercher un calendrier de l'Avent et manger ensemble le premier chocolat. Savourons-le, savourons chaque instant car la vie est si fragile et la bêtise de certains nous met en danger. Je vous parlerai du manque de sérieux de certains artisans, et de la catastrophe que j'ai pu éviter. Enfin je suis encore parmi vous, alors nous pouvons y aller.
Si vous n'avez jamais vu le film Les Alsaciens ou les Deux Mathilde, téléfilm français de Michel Favar, ne ratez pas Vermisst, portés disparus, un documentaire que France 3 Alsace vient de réaliser. Que ce soit le film ou le documentaire, le regarder vous permettra de mieux comprendre la position particulière et la période trouble des Alsaciens et des Lorrains pendant la Seconde Guerre mondiale.
Bien que Français, plus de 120.000 Alsaciens et Mosellans ont été incorporés de force dans la Wehrmacht. On les appelait les " Malgré Nous ". Ils n'avaient pas le choix, s'ils refusaient [1] d'y aller, c'est la famille entière qui était alors déportée. Cela a donné des situations dramatiques. Il est des familles où l'un de fils se battait dans l'armée française et l'autre fils dans la Werhmart. Deux frères mais chacun dans une armée ennemie [2]. Le plus incroyable c'est que certains de ces " Malgré Nous " qui ont eu la chance de rentrer vivants de la guerre ont encore dû rendre des comptes [3] à la France et prouver qu'ils n'étaient pas des traitres [4] ! Que pouvaient-ils faire ? S'ils refusaient d'obéir [5] à leurs supérieurs allemands, ils étaient fusillés [6] sans procès. Un des cousins de ma mère est mort ainsi.
120 000 sont donc partis à la guerre entre 1942 et 1945. 40.000 de ces hommes ne sont jamais revenus et 10.000 d'entre eux sont toujours portés disparus [7]. 80% à 90% des " Malgré Nous " avaient été expédiés par le pouvoir nazi vers le Front de l'Est. Ceux qui ne tombèrent pas sous les balles [8], ont été fait prisonniers dans le camp soviétique de Tambov, à 400 km au sud-est de Moscou où les conditions de survie [9] étaient terribles. Mon oncle paternel [10] y était. Lui a eu la chance d'en revenir. Environ 2.000 soldats y moururent. Le dernier ne revint en Alsace qu'en 1955. Cela s'est passé il y a 60 ans. 60 ans ce n'est rien, et pourtant tout semble si loin. Je crois qu'il y a un travail de mémoire [11] à faire auprès des jeunes et des moins jeunes.
Peu de Français de l'intérieur, comprenez ceux qui ne sont pas Alsaciens, connaissent ce chapitre de l'histoire. Pour de nombreux anciens, ceux qui ont vécu la guerre, nous restons des Allemands et la haine [12] n'est pas effacée. Mes parents un jour sont partis dans le sud-ouest, dans le village où mon père avait passé son enfance. Pendant la guerre en effet, tous les habitants du village avaient été évacués dans les Landes, près de Bordeaux. Ils avaient gardé des contacts avec quelques personnes et ont donc décidé un jour de leur rendre visite. Avant de passer chez leurs amis, ils avaient voulu réserver une chambre dans un hôtel. Là, on leur a dit que c'était complet. Leurs amis à qui ils ont raconté cela ont été surpris et ont téléphoné à l'hôtel pour réserver à leur tour une chambre. Il y avait de la place. Les hôteliers avaient des chambres libres, mais ils avaient refusé d'en donner une à mes Alsaciens de parents. Il y a la grande histoire, celle inscrite dans les livres et il y a l'histoire des petites gens, celle-ci est beaucoup plus secrète et plus difficile à comprendre.
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Dans les magasins, les décorations de Noël sont déjà exposées. On a commencé à installer les lumières dans les villes. Personnellement je trouve cela déprimant. Pourquoi donc vouloir que le temps passe si vite ? Est-on si pressé d'avoir la même barbe blanche que le Père Noël ? Attendons au moins la période de l'Avent. C'est cette période avant Noël. 4 semaines exactement, 4 semaines pour patienter et accueillir Noël. Pour les plus patients, il y a la couronne de l'Avent, sur laquelle sont posées des bougies qu'on allume une à une, semaine après semaine. Le temps passe moins vite, car il faut attendre une semaine avant d'allumer la bougie suivante. Pour les moins patients, il y a le calendrier de L'Avent. Jour après jour, à compter du premier décembre, on ouvre une petite fenêtre. Selon le modèle choisi, il y a de belles images ou un motif en chocolat. Le suspens est quotidien et on n'a qu'une hâte, arriver au 24 pour ouvrir la plus grande des fenêtres et découvrir la plus belle des images ou manger le plus gros des chocolats. Moi je trouve cela très sympa et malgré ma grande patience due à mon âge de raison [13], j'aime m'offrir mon calendrier de l'Avent, et aujourd'hui je le choisi sans chocolat. Je me souviens qu'une fois alors que j'étais encore petite fille, ma mère m'avait acheté un calendrier de l'Avent super original. Il y avait 24 boites dans lesquelles se trouvaient de petits objets. Je me souviens avoir été déçue, car ce n'était pas un calendrier classique avec du chocolat. Et je me souviens surtout de la tristesse de ma mère, déçue par sa fille qui n'avait pas apprécié [14] son effort d'originalité. C'est drôle, mais ce souvenir me revient chaque année. Tiens j'y pense je crois qu'aujourd'hui, c'est à moi de lui en offrir un. La période de l'Avent c'est un peu la période du pardon [15], non ?
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On vient de m'installer ma nouvelle cuisine ! Enfin, fini le camping, j'ai enfin un nouvel appartement. L'hiver peut venir, moi je suis bien au chaud dans mon joli appartement confortable que j'aurais mis plus de deux ans à finir.
La cuisine a été le point final de mes travaux. Bien sûr j'ai encore plusieurs petites finitions, mais le plus gros est fait. Ma cuisine, on me l'a apportée, montée, installée. Moi je n'avais plus qu'à m'acheter une bouteille de gaz, à l'installer sur la tuyauterie et à commencer à cuisiner. Oui en effet j'ai choisi une cuisinière [16] à gaz. Ne me demandez pas pourquoi, une question d'habitude sans doute. J'avais, pour fêter ma nouvelle cuisine, acheté une bonne viande et je me réjouissais d'inaugurer [17] ma cuisinière. J'installe la bouteille, je suis bien concentrée, car tout de même c'est du gaz et le gaz, cela peut être dangereux. Je serre [18] bien les joints [19], je vérifie et enfin, j'allume le gaz. Youpi, cela fonctionne. Cela fonctionne oui, mais j'entends un bruit bizarre. Un bruit tout léger. Moi qui ai l'habitude du gaz, je trouve cela bizarre. J'ouvre donc la portière de mon évier [20] pour me glisser derrière les meubles et oui, le bruit venait de là. De plus il y avait une drôle d'odeur de gaz. Je ferme le robinet de gaz, le bruit s'arrête. Je le remets en marche, le bruit recommence. Il y avait sans doute un problème sur le tuyau [21] que j'avais installé, et je me voyais déjà devoir retirer [22] tous les meubles bas pour accéder [23] et changer ce tuyau. La seule idée de démonter [24] ma nouvelle cuisine m'a coupé l'appétit.
Le lendemain, mon père vient m'aider et nous testons la installation. Nous avons commencé par le plus accessible, c'est à dire juste derrière les tiroirs, le branchement [25] de la cuisinière au tuyau, le branchement qu'avait fait l'installateur de la cuisine. Mon père a une méthode assez efficace pour vérifier s'il y a une fuite [26], il met le gaz en marche et promène du feu le long des tuyaux. S'il y a une flamme, c'est qu'il y a une fuite. Logique. Je mets en marche le gaz et j'entends mon père qui me crie : " Stop ". La fuite venait de ce branchement. L'installateur de la cuisine avait mal serré les joints. Non, mais vous imaginez, il s'agit d'un professionnel tout de même. Imaginez un seul instant. Naïve et en toute confiance, j'installe ma bouteille de gaz, je n'entends pas ce " pchhit ", ce petit bruit de fuite, je me fais à manger et vais me coucher. Soit je ne me réveille plus, soit, en pleine nuit, j'ai une envie d'aller au petit coin [27] et au moment d'allumer la lumière dans l'appartement " Badaboum " une grande explosion. Plus de Marie, plus de cuisine, plus d'appartement ! Ah non, vous imaginez, ma cuisine à peine installée, mon appartement à peine terminé que tout sauterait en l'air ! Ah non, je crois que si j'avais survécu, j'aurais perdu le courage de tout recommencer et je vous aurais demandé l'hospitalité pour Noël.
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Voilà c'est tout pour aujourd'hui. Je vous laisse car depuis que ma cuisine est installée, j'ai une envie de cuisiner moi. De plus il me faut encore trouver une place pour mon calendrier de l'Avent. Nous nous retrouvons dans deux semaines et comme nous nous approchons de Noël, nous parlerons de marché et de vin chaud. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires sur www.podclub.ch. En attendant, couvrez-vous et à tout bientôt !
[1] refuser : dire non [2] l(e) ennemie: le contraire de l'amie [3] rendre des compte : se justifier [4] le traitre : celui qui trompe son pays [5] obéir : faire ce qu'on vous demande [6] fusiller : tuer avec un fusil, une arme [7] disparaître : dont on n'a plus trouvé de trace, pas de corps, pas de nouvelles, rien [8] tomber sous les balles : être tué par les balles des fusils, des mitraillettes.... [9] survivre : vivre malgré les conditions très difficiles [10] paternel : du côté de mon père, ici : le frère de mon père [11] la mémoire : le souvenir [12] la haine : le contraire de l'amour [13] l'âge de raison : un âge mature, un âge où on est raisonnable [14] apprécier : donner la valeur [15] le pardon : demander le pardon, s'excuser [16] la cuisinière : objet avec lequel on cuisine [17] inaugurer : fêter la première utilisation [18] serrer : bien rendre étanche pour en pas avoir de fuite [19] le joint : la chose qui permet d'assembler des choses ensemble [20] l'évier : le bac d'eau dans la cuisine [21] l(e) tuyau : un long tube [22] retirer : enlever [23] accéder : ici : avoir accès, arriver à toucher le tuyau pour le changer [24] démonter : le contraire de monter, démonter la cuisine = l'enlever [25] le branchement : la connexion [26] la fuite : ici : perte de gaz par un endroit [27] le petit coin : les toilettes