Bonjour, c'est Marie. Bienvenue sur mon podcast " L'avis de Marie ". Aujourd'hui 23 avril, j'aimerais vous parler de ma dépendance à la technologie. Le poète Lamartine disait : " un seul être vous manque [1] et tout est dépeuplé [2] ", moi je dis : " un ordinateur ou un téléphone portable vous manque et tout est dépeuplé ". Ensuite nous serons un peu plus légers et nous allons parler de mode. Oui Mesdames, pour vous, j'ai fait un compte rendu des défilés de haute couture et nous allons voir quelles seront les tendances pour cette saison. Enfin, il me fallait vous dire un petit mot sur l'ouverture de mon restaurant. Vous êtes prêts ?
Un soir, en rentrant du travail, je voulais allumer mon ordinateur. Impossible. J'avais remarqué que depuis une semaine déjà, il ne fonctionnait plus très bien, il était lent, vraiment lent. Je m'étais dit que je devrais sauvegarder mes documents sur un disque dur externe. Mais bien sûr, je n'ai rien fait. Et le jour où il ne voulait plus s'allumer, j'ai eu très peur, car soudain, je me suis imaginé perdre toutes mes données ! Mes photos, tout mon travail depuis deux ans, toutes mes adresses, tous mes fichiers, tout, tout, tout. Et là j'étais horrifiée [3], je me suis rendu compte que j'avais livré ma vie à une machine ! Je dépendais de mon ordinateur. Je lui avais confié [4] tout mon travail, mes souvenirs. Il était devenu le gardien de ma vie, et moi son esclave !
Je suis allée chez un ami, assez doué en informatique, et nous avons passé la nuit à essayé [5] de le rallumer. Mais, l'ordinateur gardait mes documents prisonniers [6]. J'étais dans un état ! Le lendemain, j'ai apporté cette satanée [7] machine chez un informaticien. J'ai bien récupéré [8] mes données, mais pas toutes malheureusement et cela m'a coûté 100 euros. Alors si j'ai un conseil à vous donner : sauvegarder [9] vos données importantes sur un disque externe ou ailleurs. Ne vous dites pas : " Oh, je vais le faire ", non, faites-le, car je vous promets, le jour où votre ordinateur décide de vous abandonner, c'est trop tard.
Méfiez vous aussi de votre téléphone portable. Le mien a dû passer un pacte [10] avec mon ordinateur car hier aussi il m'a laissé tomber [11]. Je l'avais éteint [12], je voulais le rallumer et je compose ce que je croyais être mon code PIN, vous savez ce code qu'il vous faut entrer pour activer votre téléphone. Je l'ai fait, enfin je pensais l'avoir fait, et rien, erreur, je recommence par trois fois et voilà que mon téléphone se bloque. C'est un complot ou quoi ? On me demande alors mon code PUK - comme si la vie n'était pas déjà assez compliquée. J'appuie sur des boutons par hasard [13] et tout à coup le message suivant s'affiche : " Carte Sim rejetée ", comprenez que mon téléphone est complètement bloqué. Cela tombait mal, car le bus que j'ai pris pour rentrer chez moi s'est arrêté à 5 kilomètres de ma maison. Evidemment je ne connais plus les numéros par cœur [14] depuis que j'ai un portable, et donc il m'était impossible de téléphoner à quelqu'un. C'est à pied que j'ai terminé ma route. Ce matin j'apprends que j'ai perdu tous mes numéros de téléphone, impossible de les récupérer [15], car évidemment je ne les avais notés nulle part [16] ailleurs ! Ah, ce fut un grand moment de solitude [17]! Il est des fois où j'ai l'impression d'avoir été abandonnée par le Dieu de la technologie. Il y a deux semaines, c'est mon ordinateur qui m'abandonne, cette semaine ma voiture et aujourd'hui mon téléphone portable ! Non, vraiment, cela fait beaucoup pour un seul homme, enfin, pour une seule femme.
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Quand vient le printemps, je range mon armoire. Je range mes pulls, dans une valise avec de la lavande, et je ressors mes tee-shirts, mes pantalons légers. J'en profite pour faire le tri [18], je fais un tas pour les vêtements que je vais donner et un autre pour ceux que je vais garder et puis cela donne un peu près cela : " Oh, ce pantalon rouge à pattes d'éléphant, immettable [19] aujourd'hui, mais qui sait, dans quelques années peut-être sera-t-il à la mode et puis je l'ai acheté à Londres, je ne peux pas le jeter, impossible, il a bien trop de souvenirs ! " ; " Cette robe ? Ah non, ma mère l'a portait déjà et puis cette coupe année 50 cela revient à la mode " ; " Cette jupe ? Elle est un peu trop grande, mais je pourrais la porter le jour où j'aurai grossi " ; " Cette chemise ? Bof, la coupe n'est pas vraiment actuelle, mais le tissu est vraiment beau, je vais la garder, j'en ferai bien quelque chose, un jour, avec ma machine à coudre". Et c'est ainsi que quelques heures plus tard, mon tas [20] de vêtement " à garder " n'a pas vraiment diminué, tandis que le tas " à donner " se compose de quelques pièces. Je sais bien qu'il me faudrait me débarrasser [21] de quelques vêtements, mais, tout garder, cela à son avantage : Tenez par exemple, la chemise en jean de mes 15 ans, et bien cet été je vais être très tendance en la portant ! Car oui cet été elle fait son retour. Oui, oui je vous entends : " la chemise en jean c'est bon pour les cowboys ". Mais si cela faisait une bonne dizaine d'années qu'on n'en trouvait plus ailleurs que dans les rayons [22] habillement hommes des supermarchés, cette année sur les podiums de Chanel, elle a fait son come back.
C'est pareil pour vos vieilles robes à fleurs. N'en faites pas des torchons [23] pour le ménage, car cette année, la tendance est aux imprimés fleuris. Le must, ce sont les collants fleuris. Eh oui enfin cela dit ce n'est pas parce que c'est à la mode qu'on doit en porter, car entre nous, les collants fleuris c'est joli sur les mannequins à tendance squelettiques [24] avec leur mètre cinquante tout en jambes, mais sur nous autres, porter des collants fleuris nous donne plutôt l'impression d'avoir deux jambons kitsch en guise de [25 jambes.
Si dans vos armoires vous retrouvez le cycliste, ce short super moulant, c'est-à-dire près du corps, qu'on portait il y a 15 ans, gardez-le, lui aussi sera très tendance. Mais par pitié ne prenez pas celui que votre homme utilise pour faire du vélo, préférez-le en imprimé léopard ou en dentelle. Enfin le pantalon sarouel que vous avez ramené de vos vacances au Maroc et que vous n'osiez pas porter dans les rues de Berne, de Zurich ou d'ailleurs car il vous donnez un air d'Aladin, cette année il vous donnera des airs de princesse !
Voilà, grâce à moi, vous aurez fait des économies, car vous voyez, la mode n'invente rien, il vous suffit de ressortir vos vieux vêtements de votre garde robe ou de celle de votre homme et vous serez à la pointe de la mode.
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Il me faut vous faire le compte rendu de ma semaine d'ouverture de mon restaurant. Vous vous en souvenez ? Je vous en avais parlé dans le podcast numéro 26. Quelle aventure, quel travail, mais quel succès. Le vendredi Saint, j'ai fait 96 couverts ! Vous imaginez 96 personnes à satisfaire. Il y avait mon frère en cuisine, mon père et deux amies qui m'ont aidée. J'avoue qu'à un moment donné, entre deux additions, les desserts, les carpes à servir, j'étais un peu dépassée par les évènements ! C'est-à-dire, je ne savais plus trop où donner de la tête. Il faut dire que nous avions plus tellement l'habitude. Mais bon, nous avons fait de notre possible et les clients sont partis heureux. Les jours suivants, c'était certes plus calme, mais j'avais régulièrement du monde. Même si le premier jour c'était un peu beaucoup, j'avais l'impression de n'avoir jamais arrêté ce métier. Ce travail physique m'a reposé la tête, et c'était agréable, cela me changeait de la fatigue psychique du métier d'enseignante. C'est compliqué car quand j'étais restauratrice, le côté plus intellectuel du prof me manquait. Et je sais bien que les clients en venant dans mon restaurant m'ont montré à leur façon leur soutien, comme s'ils voulaient me dire : " Allez, ouvre-le ton restaurant ". Une semaine durant j'ai dû entendre : " Oh, mais que c'est dommage !, pourquoi n'ouvres-tu pas ? " Bien sûr que je me suis imaginé recommencer le métier, mais bon, je vous avais expliqué la situation. Tout n'est pas si simple. Aujourd'hui, après cette semaine d'activité intense, je me sens un peu vidée et nostalgique, mais très heureuse. Et puis, vous vous souvenez que dans le podcast 26 j'avais de manière indirecte fait un peu de publicité. Et bien vous savez quoi ? Certains d'entre vous sont venus ! Oui, oui et là je dois vraiment vous avouer que ma surprise et ma joie ont été grande et bien sûr le café leur a été offert !
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Voilà c'est tout pour aujourd'hui. J'ai un restaurant à ranger, un téléphone à changer, des adresses à sauver, une voiture à réparer. Je vous retrouve dans deux semaines et nous parlerons alors d'actualité ; de voitures et de jours fériés. En attendant, laissez-moi vos messages sur www.podclub.ch et d'ici-là, prenez soin de vous ! A bientôt !
[1] manquer : ici : quand vous n'avez pas, vous êtes nostalgique, vous avez un sentiment de besoin [2] dépeuplé : ici : il n'y a plus de peuple, plus personne ne compte, comme si la terre était inhabité [3] être horrifié : avoir un sentiment d'horreur, une grande peur [4] confier : donner [5] essayer : tenter, trouver la solution [6] le prisonnier : quand on est en prison on est prisonnier ; ici : l'ordinateur ne rendait pas la liberté à mes documents [7] satané : abominable, mauvais [8] récupérer : retrouver [9] sauvegarder : download [10] le pacte : le contrat [11] laisser tomber : quitter, abandonner [12] éteindre : le contraire d'allumer [13] par hasard : sans explication logique, circonstances imprévues [14] connaître par cœur : connaître de tête sans notes [15] récupérer : retrouver [16] nulle part : le contraire de quelque part [17] la solitude : quand on est seul [18] le tri : verbe trier, ranger, classer [19] immettable : qu'on ne peut plus mettre [20] le tas : ensemble de choses que l'on met l'une sur l'autre [21] se débarrasser : jeter [22] le rayon : dans les magasins, il y a le rayon frais, le rayon des légumes ; le rayon des habits [23] le torchon : morceau de tissu qu'on utilise pour le ménage [24] squelettique : maigre, très maigre [25] en guise de : ici : à la place de jambes on a des jambons